Bernard Mougin

Talent précoce, c’est avec l’art animalier qu’il fait ses classes. Toute sa vie, il conservera ce petit lapin modelé dans l’argile dès sa petite enfance. Joseph Mougin, son père, célèbre céramiste de l’école de Nancy, outre la vie, lui transmis sans nul doute dans ses gènes, le talent de la création. Viendront ensuite au cours de l’adolescence quelques fauves déjà bien aboutis avant que son ours blanc et son tigre, éxécutés à l’aube de sa majorité, ne préfigurent la stylisation caractérisque des décades cinquante, soixante. Car ces deux pièces (que son père éditera en grès de grand feu) d’apparence « pomponesque » parce que lisses et tendues, sont en réalité une suite d’aplats aux arêtes adoucies, lesquelles les années passant deviendront vives.

A cette inspiration animalière, somme toute assez courte, succède la passion pour la femme. Souvent voluptueuse et érotique sans jamais dépasser les frontières d’une sensualité de bon goût, mais aussi quelquefois pudique, ses œuvres bénéficient d’un souffle créateur laissant toute sa place à l’expression toujours équilibrée et maîrtrisée des volumes.

Se voulant affranchi de toute contraintes matérielles qui poussèrent certains de ses confrères à produire  « à la chaine », déclinant sans vergogne un même modèle dans toutes les tailles, il enseigna à la Ville de Paris, à l’Ecole Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art ainsi qu’à l’Académie Julian. Car Bernard Mougin est un homme libre, un caractère, une personnalité souhaitant laisser libre cours à son inspiration et s’adonner au monumental. C’est ainsi que de Nancy à Madrid, de Paris au Havre, retrouve-t-on ses œuvres aux frontons d’établissements publics ou exposées sur des avenues.

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Il a toujours préféré cette exposition en plein air, offerte aux regards des passants à une présence dans les collections d’un musée, où une œuvre reste parfois tributaire des choix artistiques d’un conservateur, et plonge alors dans le purgatoire des réserves.

Adepte du modelage et de la taille directe, discipline qu’il dut interrompre pour des raisons de santé, ses mains de colosse étaient aussi vives à tenir le fusain et modeler la terre qu’à accompagner un discours passionné riche de références et fidèle à une certaine idée de la sculpture.

L’exposition est l’exact reflet de soixante années de création, du monumental à l’intimiste, d’une stylisation exprimée par l’étirement des corps au long des années cinquante et soixante puis au retour « viscéral » au milieu des années soixante dix, à une figuration classique mais surtout pas académique.

Bernard Mougin laisse véritablement une œuvre, authentique, sincère, détachée de tout effet de mode, fidèle à des principes, au corps de la femme dont il sut si bien traduire l’élégance, la puissance émotionnelle, la sensualité. Véritablement, ce corps féminin, il l’a aimé et célébré avec bonheur.