Christophe Ronel

Christophe Ronel a entrepris de réinventer l’ailleurs dans une singulière démarche située à mi-chemin entre l’observation attentive du monde et l’imaginaire le plus foisonnant.Peintre narrateur et voyageur compulsif, il a arpenté tour à tour l’Afrique, l’Asie, les Amériques et les Indes, inventoriant visages, paysages, bazars et autres moyens de transport dans ses nombreux carnets de voyage qui constituent, dans son atelier, d’impressionnantes archives.

Or, ses tableaux aux compositions complexes s’inventent dans cet « atelier alambic ». Pétris de multiples références, ils ouvrent d’improbables fenêtres sur le visible, dialoguent entre eux, prennent des accents métaphoriques évoquant la marche du monde à travers d’extravagants cortèges, mascarades et embarquements où l’animal reprend ses droits sur l’humain.
Ce sens de l’invention très personnel qu’il extrait d’un réel filtré, distancié et retravaillé, entretient des liens étroits avec la farce, l’humour, l’inattendu, l’improvisé, le détail, l’anecdote, la fable. Indéniablement, Ronel raconte, mais ses tableaux à multiples sens ne se laissent pas enfermer : ils sont propices au vagabondage, au voyage de l’esprit et nous renvoient à une jubilation salvatrice, entre matière picturale, textures colorées et inventions graphiques.
Christophe peint des lieux totalement bousculés et réagencés dans une perspective  de chaos où les éléments s’harmonisent et se font écho dans une quête d’absolue liberté plastique attachée à une figuration qu’il définit de syncrétique, en une syntaxe personnelle  inimitable.
Il nous entraîne à présent sur la route de Sweet City dans un road trip où la peinture se remet une fois de plus en cause : son « California Bazar » introduit la polychromie des painted ladies qu’il a récemment dessinées lors d’un séjour à San Francisco, « nothingness road » ouvre sur l’infini des horizons de l’Arizona attachant un intérêt particulier aux univers composites des bords de route, aux enseignes publicitaires, aux garages délabrés.
L’exposition ponctuée d’inénarrables pachydermes chargés à bloc dont il a le secret, de conversations d’animaux humanisés, de barques dérivantes aux équipages extravagants et de diverses thématiques récentes, agit comme un antidote à la morosité.
L’album « De San Francisco à San Francisco », carnet de voyage Californien de Christophe Ronel récemment édité sera présenté à la galerie et dédicacé lors du vernissage.