Emile Sabouraud

"De Paris à Cherbourg", exposition prolongée jusqu'au 18 mars 2018. Autour de l’œuvre d’Emile Sabouraud, reflet d’une émouvante réalité, la mise en perspective passionnante de dix peintres, pour certains complices, de la Deuxième École de Paris regroupe figures, paysages et natures mortes. L’œuvre sensible et vibrante d’Emile Sabouraud côtoie la vision violente d’une certaine réalité toujours brutale et pourtant magnifique d’André Beaucé, les peintures à fleur de toile de Jules Cavaillès, la réalité poétique et sensible de George-André Klein ou de Raymond Legueult et un portrait grave et synthétique de Robert Humblot. Les toiles de Christian Caillard, virtuose du dessin à la sensibilité frémissante, dialoguent avec Hélène au chapeau, peinture quasi musicale, de Kostia Terechkovitch et la sensualité féconde d’André Planson ou de Roger Limouse. La figure humaine a naturellement occupé une place centrale dans l’œuvre de ces peintres, empreinte d’un humanisme généreux et serein pour la plupart. Outre des portraits intimes, leur contemplation fervente de la vie se retrouve dans leurs natures mortes d’objets ordinaires, au charme tenu, et leurs paysages, marques de leur intérêt pour la nature.  « Regards croisés » compare les toiles de ces amoureux d’une peinture issue de la grande tradition occidentale, poétique et émouvant témoignage d’une époque. Les sculptures de Bernard Mougin, expressions de la beauté d’un visage, de la volupté d’un torse de femme ou de l’admirable architecture d’un corps d’homme, accompagnent ces œuvres sans concession.
« Homme de chair, de cœur et d’esprit » comme il se définissait, Sabouraud n’a jamais cessé de peindre, viscéralement attaché à la couleur, toujours passionné d’amour et de vie. Peintre solitaire, sincère et sentimental, il fut toujours amoureux d’une vivante tradition regardant vers un certain fauvisme riche de matière, de couleur, d’audace, de poésie et de géométrie. Émotion et passion sont les clefs de voûte d’une œuvre riche et authentique, où les paysages à l’écriture en virgules, succèdent avec bonheur aux natures-mortes libres et sauvages, faites de signes et de plans colorés, de formes, d’arabesques et de matière, reflets d’une émouvante réalité. Quant à la femme, toujours présente, lignes sinueuses sur fond de canapé rouge, ou yeux baissés et bras relevés pour retenir un chignon défait, elle nous rappelle ce spectacle renouvelé dont le peintre a su si bien traduire la beauté, le bonheur, dans une relation passionnée et charnelle. Né avec le XXème siècle, Sabouraud, fut, quatre-vingt seize ans durant, l’acteur attentif et discret de la vie  mise en peinture. « Restant par chance et par miracle à l’écart », trop occupé à se satisfaire, sans jamais y réussir assez pour échapper à l’angoisse de peindre, allant de toile en toile, recherchant l’absolu d’une certaine peinture. C’est tout le dialogue du peintre et de la réalité poétique et charnelle, qui est résumé là, au travers de ces oeuvres qui démontrent, s’il en est besoin, que la véritable peinture ne peut se concevoir sans passion, sans amour, sans exigence.

                                                                     Danielle Bourdette-Gorzkowski

"Mille sujets m’ont tenté : le paysage, la figure, la nature morte, le portrait, le nu, les sujets d’imagination et la grisaille et le camaïeu presqu’autant que la couleur vive ; selon l’humeur, les années, les rencontres et les saisons… Et pourquoi pas ? Il me semble que la diversité de la vie me nourrit, qu’elle me provoque, elle nourrit ma peinture qu’elle renouvelle, en me proposant un dictionnaire inépuisable de sentiments, de couleurs et de formes… car c’est la vie qui me fait peindre.

Mais, aussi divers que soit mon ouvrage, il demeure attaché à un certain climat qui m’est particulier, je le vois bien. Un climat poétique, tactile, sensuel, aux harmonies plutôt froides, un climat cérébral aussi et ce climat est lié à certains sujets, à leur espace, à leur couleur, à leur texture, comme à la touche, au traitement, à l’écriture qui me sont propres, à l’invention d’harmonies et de signes qui demeurent semblables en tout ce que je fais sans même que j’y pense."

Emile SABOURAUD La Rage de Peindre. Discours à l’occasion d’une exposition à l’Ecole Polytechnique (Emile SABOURAUD, La Figuration, Columbia University Press, 1979, pp. 2-3)

  Principales expositions 1928                 PARIS, Galerie Zborowski 1935                  ALGER, Galerie d’Alger 1936                  PARIS, Galerie de Paris 1937-1950        PARIS, Galerie Bernier 1946                  PARIS, Musée du Luxembourg 1951                   PARIS, Galerie Kaganovitch, 6 de la deuxième génération (avec Legueult, Limouse, Caillard, Planson et Cavailles) 1953                  CHICAGO, Findlay Galleries 1954                  PALM BEACH, Findlay Galleries 1955                  PARIS, Galerie Charpentier, L’Ecole de Paris (invité de Legueult) 1959                  NANTES, Galerie Mignon Massart 1964                  ORLEANS, Musée des beaux-arts 1967                  GENEVE, Galerie Ferrero 1970                  AIX-EN-PROVENCE, Musée Gimet 1971                   PARIS, Galerie Ambroise 1978                  PARIS, Galerie Artcurial PARIS, Salon d’Automne (hommage d’une salle particulière) 1980                  HONFLEUR, Galerie Danielle Bourdette-Gorzkowski 1984                  BARBIZON, Galerie Triade 1987                  LILLE, Galerie Mischkind 1990-2016       HONFLEUR, Galerie Danielle Bourdette-Gorzkowski 2001                  PARIS, Galerie Yoshii 2012                  PARIS, Mairie du 1er arrondissement de Paris "Histoire de Famille" Vernissage Exposition Histoire de Famille à la Mairie du 1er arrondissement. PARISWEBTV 2012                            CatalogueSabouraud expositionJuillet2012 Ses œuvres dans les musées   ALBI, Musée Toulouse-Lautrec AMIENS, Musée de Picardie DIEPPE, Château-musée de Dieppe DREUX, Musée d’art et d’histoire Marcel Dessal GRENOBLE, Musée des beaux-arts HONFLEUR, Musée Eugène Boudin LYON, Musée des beaux-Arts MARSEILLE, Musée Cantini NANTES, Musée des beaux-arts PARIS, Musée national d’art moderne PARIS, Musée d’art moderne de la ville de Paris RODEZ, Musée municipal Denys Puech ROUBAIX, Musée d’art et d’industrie André Diligent ROUEN, Musée des beaux-arts TOULOUSE, Musée des Augustins TOURCOING, Musée des beaux-arts ALGER (Algérie), Musée national des beaux-arts TOSSA de MAR (Espagne), Museo municipal HELSINKI (Finlande), Valtion Taidemuseo (Musée national des beaux-arts) SESTRI LEVANTE (Italie), Galleria Museo Rizzi