Emile Sabouraud

du 09 décembre au 07 janvier 2018- Exposition de Noël – De Paris à Cherbourg

Autour de l’œuvre d’Emile Sabouraud, reflet d’une émouvante réalité, la mise en perspective passionnante de dix peintres, pour certains complices, de la Deuxième École de Paris regroupe figures, paysages et natures mortes. L’œuvre sensible et vibrante d’Emile Sabouraud côtoie la vision violente d’une certaine réalité toujours brutale et pourtant magnifique d’André Beaucé, les peintures à fleur de toile de Jules Cavaillès, la réalité poétique et sensible de George-André Klein ou de Raymond Legueult et un portrait grave et synthétique de Robert Humblot. Les toiles de Christian Caillard, virtuose du dessin à la sensibilité frémissante, dialoguent avec Hélène au chapeau, peinture quasi musicale, de Kostia Terechkovitch et la sensualité féconde d’André Planson ou de Roger Limouse.
La figure humaine a naturellement occupé une place centrale dans l’œuvre de ces peintres, empreinte d’un humanisme généreux et serein pour la plupart. Outre des portraits intimes, leur contemplation fervente de la vie se retrouve dans leurs natures mortes d’objets ordinaires, au charme tenu, et leurs paysages, marques de leur intérêt pour la nature.

 « Regards croisés » compare les toiles de ces amoureux d’une peinture issue de la grande tradition occidentale, poétique et émouvant témoignage d’une époque.

Les sculptures de Bernard Mougin, expressions de la beauté d’un visage, de la volupté d’un torse de femme ou de l’admirable architecture d’un corps d’homme, accompagnent ces œuvres sans concession.

« Homme de chair, de cœur et d’esprit » comme il se définissait, Sabouraud n’a jamais cessé de peindre, viscéralement attaché à la couleur, toujours passionné d’amour et de vie.
Peintre solitaire, sincère et sentimental, il fut toujours amoureux d’une vivante tradition regardant vers un certain fauvisme riche de matière, de couleur, d’audace, de poésie et de géométrie.
Émotion et passion sont les clefs de voûte d’une œuvre riche et authentique, où les paysages à l’écriture en virgules, succèdent avec bonheur aux natures-mortes libres et sauvages, faites de signes et de plans colorés, de formes, d’arabesques et de matière, reflets d’une émouvante réalité. Quant à la femme, toujours présente, lignes sinueuses sur fond de canapé rouge, ou yeux baissés et bras relevés pour retenir un chignon défait, elle nous rappelle ce spectacle renouvelé dont le peintre a su si bien traduire la beauté, le bonheur, dans une relation passionnée et charnelle.
Né avec le XXème siècle, Sabouraud, fut, quatre-vingt seize ans durant, l’acteur attentif et discret de la vie  mise en peinture. « Restant par chance et par miracle à l’écart », trop occupé à se satisfaire, sans jamais y réussir assez pour échapper à l’angoisse de peindre, allant de toile en toile, recherchant l’absolu d’une certaine peinture.
C’est tout le dialogue du peintre et de la réalité poétique et charnelle, qui est résumé là, au travers de ces oeuvres qui démontrent, s’il en est besoin, que la véritable peinture ne peut se concevoir sans passion, sans amour, sans exigence.

                                                                     Danielle Bourdette-Gorzkowski

« Mille sujets m’ont tenté : le paysage, la figure, la nature morte, le portrait, le nu, les sujets d’imagination et la grisaille et le camaïeu presqu’autant que la couleur vive ; selon l’humeur, les années, les rencontres et les saisons… Et pourquoi pas ? Il me semble que la diversité de la vie me nourrit, qu’elle me provoque, elle nourrit ma peinture qu’elle renouvelle, en me proposant un dictionnaire inépuisable de sentiments, de couleurs et de formes… car c’est la vie qui me fait peindre.

Mais, aussi divers que soit mon ouvrage, il demeure attaché à un certain climat qui m’est particulier, je le vois bien. Un climat poétique, tactile, sensuel, aux harmonies plutôt froides, un climat cérébral aussi et ce climat est lié à certains sujets, à leur espace, à leur couleur, à leur texture, comme à la touche, au traitement, à l’écriture qui me sont propres, à l’invention d’harmonies et de signes qui demeurent semblables en tout ce que je fais sans même que j’y pense. »

Emile SABOURAUD
La Rage de Peindre. Discours à l’occasion d’une exposition à l’Ecole Polytechnique
(Emile SABOURAUD, La Figuration, Columbia University Press, 1979, pp. 2-3)

 

Principales expositions

1928                 PARIS, Galerie Zborowski
1935                  ALGER, Galerie d’Alger
1936                  PARIS, Galerie de Paris
1937-1950        PARIS, Galerie Bernier
1946                  PARIS, Musée du Luxembourg
1951                   PARIS, Galerie Kaganovitch, 6 de la deuxième génération (avec Legueult, Limouse, Caillard, Planson et Cavailles)
1953                  CHICAGO, Findlay Galleries
1954                  PALM BEACH, Findlay Galleries
1955                  PARIS, Galerie Charpentier, L’Ecole de Paris (invité de Legueult)
1959                  NANTES, Galerie Mignon Massart
1964                  ORLEANS, Musée des beaux-arts
1967                  GENEVE, Galerie Ferrero
1970                  AIX-EN-PROVENCE, Musée Gimet
1971                   PARIS, Galerie Ambroise
1978                  PARIS, Galerie Artcurial
PARIS, Salon d’Automne (hommage d’une salle particulière)
1980                  HONFLEUR, Galerie Danielle Bourdette-Gorzkowski
1984                  BARBIZON, Galerie Triade
1987                  LILLE, Galerie Mischkind
1990-2016       HONFLEUR, Galerie Danielle Bourdette-Gorzkowski
2001                  PARIS, Galerie Yoshii
2012                  PARIS, Mairie du 1er arrondissement de Paris « Histoire de Famille »
Vernissage Exposition Histoire de Famille à la Mairie du 1er arrondissement. PARISWEBTV 2012
                           CatalogueSabouraud expositionJuillet2012

Ses œuvres dans les musées 

 ALBI, Musée Toulouse-Lautrec
AMIENS, Musée de Picardie
DIEPPE, Château-musée de Dieppe
DREUX, Musée d’art et d’histoire Marcel Dessal
GRENOBLE, Musée des beaux-arts
HONFLEUR, Musée Eugène Boudin
LYON, Musée des beaux-Arts
MARSEILLE, Musée Cantini
NANTES, Musée des beaux-arts
PARIS, Musée national d’art moderne
PARIS, Musée d’art moderne de la ville de Paris
RODEZ, Musée municipal Denys Puech
ROUBAIX, Musée d’art et d’industrie André Diligent
ROUEN, Musée des beaux-arts
TOULOUSE, Musée des Augustins
TOURCOING, Musée des beaux-arts
ALGER (Algérie), Musée national des beaux-arts
TOSSA de MAR (Espagne), Museo municipal
HELSINKI (Finlande), Valtion Taidemuseo (Musée national des beaux-arts)
SESTRI LEVANTE (Italie), Galleria Museo Rizzi