Abraham Hadad

Né à Bagdad, Abraham Hadad vit en France, à Paris où il est arrivé à l’âge de vingt sept ans. C’est à ce moment que commence la remise en cause des acquis, instabilité qui dure deux à trois ans. Car le vrai chemin du peintre sera figuratif avec comme préoccupation centrale : l’homme.

Abraham Hadad a donc donné à sa peinture une identité certaine qui, au fil des années, s’est développée en suivant toujours ce fil conducteur de l’être humain. Le peintre s’est retrouvé associé en mars 1994 à un mouvement qui fut désigné sous le terme  de Transréalisme au Château d’Homécourt, en Lorraine, au cours d’une exposition qui réunissait Pat Andréa, Marc Giai-Miniet, Hugh Weiss, Pierre Dessons, Ben-Ami Koller. Au-delà de cette appellation, c’est bien une certaine approche du monde qui associe ces peintres dans une famille de cœur.
Tout cela fait donc d’Abraham Hadad un peintre reconnu dans une identité forte, qui suffit à marquer sa personnalité d’artiste.

Mais, personnellement, je retiens curieusement des rencontres à son atelier une autre préoccupation : la photographie.
« Si on faisait une photo d’une personne tous les jours pendant trente ans, dit-il, on n’apercevrait aucune différence d’une photo à l’autre, et pourtant le portrait du personnage changerait beaucoup en trente ans. » .
J’appris, ensuite, que son père, en quittant l’Irak sous la menace, avait voulu effacer toute trace compromettante en détruisant toutes les photos de famille.
A chaque visite à l’atelier, Abraham Hadad conclue le rendez-vous en demandant de faire une photo où figurent le peintre et son visiteur. Le peintre qui se livre à cet exercice garde dans le secret de son atelier cette quête photographique et ne cherche pas, jusqu’à ce jour, à rendre public cette démarche.
Assurément, la somme des travaux ainsi réalisés constitue une véritable œuvre qui serait sans doute accueillie avec intérêt dans les centres d’art contemporain. Mais Abraham Hadad est peintre…

Chroniques du chapeau noir – Libre comme l’art – Le Monde