Jean-Pierre Ruel

« Je souhaite donner un certain climat plus qu’une image précise, créer un sentiment global. Parfois cependant il m’arrive de vouloir être plus précis, plus narratif peut-être, mais en cours de route cette précision initiale se perd, et au final, c’est différend de ce que je j’avais pré-senti ou pré-vu et c’est souvent mieux. En fait, c’est l’aventure dans chaque toile » Jean-Pierre Ruel – extrait d’un entretien avec Pierre Souchaud, Artension n°48

C’est un univers singulier, un espace coloré sur lequel l’artiste projette des personnages mystérieux, tout un peuple vibrant de tons chatoyants, un espace jubilatoire qui transporte dans le monde étrange de la grande peinture. Là où tout est possible, où tout est autorisé, où les normes classiques n’ont pas cours. Il faut simplement se laisser porter par ces couleurs, ces figures, laisser son imagination errer au gré de la composition. On y reconnait parfois un chevalier des temps anciens, des nains tout droits sortis de quelque conte ancien. On pénètre au cœur de légendes dont le peintre ne nous livre ici que bribes mais qui laissent sur la rétine une saveur particulière, une petite madeleine de Proust qui nous rappelle combien il est jouissif de se donner tout entier au bon vouloir du conteur, aux méandres d’une histoire dont on ne sait comment elle prendra fin, dont on se délecte par avance des turpitudes et autres rebondissements. Ecoutez l’artiste vous raconter dans ses œuvres quelque chose de l’enfance, de l’Histoire, de ces mythes qui font rêver. La peinture ainsi maîtrisée a des vertus qu’on ne soupçonne pas. Magazine Miroir de l’Art, juin 2011.

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