Nicolaï Dronnikov

du 09 décembre au 07 janvier 2018 Exposition de Noël – De Paris à Cherbourg

Nikolai Dronnikov a appris les couleurs dans les pierres charriées par l’Enissei et qui dans l’eau retrouvaient toute la pureté de leur couleur. Ces coloris, il les a retrouvés plus tard dans la peinture des icônes, peinture fabriquée à partir de terre et de pierres délayées à l’œuf. La peinture a évolué avec le temps ; l’icône est immuable. Ses couleurs préférées, noir et blanc de neige, blanc et bleu d’été, un mur d’église sur le ciel, l’ocre et le bleu, le blé mur et le ciel d’automne. Au début du printemps c’est la couche épaisse de poussière qui après la neige empêche l’herbe tendre de pousser. Comment vivre sans saison ?

Il dessine depuis des dizaines d’années pour se faire la main et arriver à brosser un portrait en deux ou trois traits. Il pratique tout pour développer sa main : la hache, la guitare, le croquis. L’amour qu’il porte très tôt à Matisse et Van Gogh le sauvera pendant la période du réalisme socialiste et ses longues années d’études aux Beaux-Arts de Moscou.
Ensuite c’est l’art russe ancien qui l’attire, peinture et architecte qu’il connaitra mieux au cours d’expéditions dans les coins les plus reculés de Russie. Il étudiera tout particulièrement la couleur dans l’art russe populaire (icône et art traditionnel).
C’est l’un des premiers qui peindra l’architecture ancienne pour y faire le lien avec le paysage russe. Les fresques, les icones et l’architecture d’avant Pierre le Grand, cet art à mi-chemin de l’Europe et de l’Asie, influencera sa grande série de tableaux « Paysage russe » réalisés entre 1963 et 1972. Ce travail fut difficile. L’architecture religieuse ne devait pas être reproduite dans un tableau. Cela semble impossible mais à l’époque le fond artistique de l’état lui renvoya une de ses œuvres sur laquelle l’église était au premier plan devant l’université alors  qu’il fallait que ce soit le contraire.
Une fois à Paris, Nikolai Dronnikov entreprend une grande série de portraits de dissidents d’URSS dont une partie est publiée dans son album « Un russe à Paris ». Des portraits en quelques lignes d’après nature. Pour lui l’art ne vieillit et s’appuie dans son œuvre, aussi bien sur l’héritage des grands maitres que sur les recherches des jeunes. Il expose peinture, dessin et sculpture sans pouvoir dire où il s’est trouvé complètement.
C’est en Europe qu’il prend conscience de l’importance de l’art russe et devient un ardent défenseur de l’art et de l’histoire de la Russie.
Il manifeste dans la peinture une adhésion plus évidente aux traditions figuratives, de couleurs et de tons, de l’Occident sans perdre de vue les motifs qui caractérisent le paysage de sa terre. Dans ses sculptures on remarque un effort de synthèse et une certaine charge populaire.

Dizionario degli artisti europei contemporanei

 Expositions :

1963                Académie des Beaux-Arts, Moscou.
1966                Salon du Manège, Moscou.
1967                Exposition des jeunes peintres à Kouznetski Most, Moscou.
1968                Exposition d’Automne à la Begovaya, Moscou.
1973 -1978      Salons d’Automne, Paris.
1977                Exposition de peintres russes de la nouvelle émigration, Bochum (Allemagne).
1978                Galerie « Hestia », Paris.
1979                Galerie « Saint-Louis », Paris.
1980                Centre culturel de Meudon.
1981                Exposition vente des artistes parisiens en soutien à Solidarnosc (Pologne) au Musée d’art moderne de la ville de Paris.
1981-1993       Participe à de nombreuses expositions dans des galeries de Nice, Deauville, Varangeville, Marseille, Aubonne, en Suisse …
1991                Exposition « Autour de Mikhail Boulgakov », Strasbourg.
1993                 « Un siècle de peintres et sculpteurs russes à Paris  », Мairie du IXArrondissement, Paris.
1994                 Scénographie, affiches de la soirée poétique d’Aigui au Centre Georges Pompidou, Paris.
1999-2000       Dix tableaux à la « Galerie du Musée Picasso », Paris.
2000                « Nicolas Dronnikov. Les 70 ans du peintre et éditeur », Musée des Beaux-Arts de Tchouvachie, Tcheboksary.
2001                Exposition des illustrations par Nicolas Dronnikov du roman de I.A. Gontcharov  « le précipice », au Musée littéraire d’Oulianovsk.
2002                « Bibliothèque, livres et tableaux de N. Dronnikov » à Villeneuve sur Yonne.
2002                 « Okoudjava, Galitch, Vyssotski », Musée et Centre culturel Vyssotski,  Moscou.
2003                 « Les couleurs et les mots … » (М. Larionov, N.Gontcharova, I. Brodski, I.Aigui). Peinture, dessins, livres. Musée Alexandre Blok, Saint- Pétersbourg.
2003                 « Un Maitre russe à Paris. 1978-2002. Peinture, dessins, livres d’artiste », Galerie Jam Hall, Saint-Pétersbourg.
2005                 « En direct de Paris – Nicolas Dronnikov », Galerie  « le Bastion », Pskov.
2006                 Exposition à Odessa.
2008-2015        Galerie Danielle Bourdette-Gorzkowski, Honfleur.
2010                 « Nous habitions Moscou », Galerie  «Коvtcheg», Моscou.
2010                 « l’Ermite parisien », Exposition pour les 80 ans de N. Dronnikov. Galerie «  Drevo», Моscou.
2011                Exposition à l’espace Scipion, Paris.
2012                Musée Littéraire, Moscou. Musée Pouchkine, Moscou. Galerie « Do »,  Saint Pétersbourg.

Ouest-France 08-12-15