Serge Labegorre

du 28 octobre au 3 décembre 2017

Ces visages dont je n’aurai pu lever le mystère, la prégnance de ces regards qui se posent sur moi, je les trace en prééminence sur la toile.

Il n’y a pas une seule peinture que j’ai signée, sans cette obsessionnelle présence de la figure humaine, de la haute silhouette d’un corps, né de la nuit à coups de sabre et qui saigne du dedans de moi.
Tout part du réel. Ya t-il d’autre trajet possible que d’installer le visible et de le basculer dans le gouffre où s’agitent tant de remous?
Chaque jour je creuse pour savoir à quoi ça ressemble d’être.
La peinture est bouleversement, c’est un choc affectif, une solitude qui cherche d’autres solitudes. Et c’est quand le combat est fini, que chaque étape a été vécue pour s’annexer la forme, que reviennent nos claires raisons. Elle ne sont qu’un réconfort très passager de l’incertain constat d’une vérité débusquée, mais qu’on ne peut nommer.

Serge Labegorre – 2009

 

Rosy 2012

Image 17 parmi 17

… Alternant l’austérité et le foisonnement, le pouvoir des noirs et les stridences chromatiques, le dedans et le dehors, une gestualité continue-discontinue, Serge Labégorre, toujours maître de son territoire, nous remémore que l’homme assiégé demeure au centre de sa problématique. Une problématique d’une rare expressivité, qui n’en finit pas de nous ramener à l’ordre du relatif…

Gérard Xuriguera
(Critique d’Art et Ecrivain français)

 Depuis de nombreuses années Serge Labégorre travaille son geste, ses esquisses, et peu à peu naît une œuvre inouïe ; Il nous place sous l’emprise d’un pouvoir inconnu d’où émergent des dominantes de noir ; la couleur éclate là où on ne l’attendait pas.
Le travail du corps, du visage et du regard évoque la peur et l’harmonie.
Sa peinture reflète les différentes passions de la vie : la violence, la mort, l’érotisme.
Sa puissance picturale s’impose d’elle-même.

Serge Labégorre fait partie des plus grands peintres expressionnistes.

Didier BRESSON
(Délégué aux Arts Plastiques)

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Ces visages dont je n’aurai pu lever le mystère, la prégnance de ces regards qui se posent sur moi, je les trace en prééminence sur la toile.

Il n’y a pas une seule peinture que j’ai signée, sans cette obsessionnelle présence de la figure humaine, de la haute silhouette d’un corps, né de la nuit à coups de sabre et qui saigne du dedans de moi.

Tout part du réel. Y a-t-il d’autre trajet possible que d’installer le visible et de le basculer dans le gouffre où s’agitent tant de remous ?

Illimité est l’obscur ! Entre l’apparence du premier élan et la fulgurance des profondeurs qui l’aspirent, se glisse la vue et s’allonge l’œil, jusqu’aux portes de la création.

Chaque jour, je creuse pour savoir à quoi ça ressemble d’être. La destinée de l’homme est habitée par son angoisse de mourir d’être né. La mort est son plus vieux souvenir ; elle tapisse l’arrière-fond et l’entrelace de ces passions que Van Gogh qualifiait de terribles parce qu’elles incendient nos vies.

Le peintre est un mystique. La folie saisit son corps et remonte au jour tous ces possibles qui l’assaillent ; il explore ses trous d’ombre et danse sur le volcan.

Hanté par la plastique, son territoire est la peinture, et là il est seul à légiférer.

C’est lui le meneur de jeu dont le moindre signe affleure. Il n’est là que pour accompagner ces hautaines présences dressées, ces effigies blessées.

La peinture est bouleversement, c’est un choc affectif, une solitude qui cherche d’autres solitudes. Et c’est quand le combat est fini, que chaque étape a été vécue pour s’annexer la forme, que reviennent nos claires raisons. Elles ne sont qu’un réconfort très passager de l’incertain constat de vérité débusquée, mais qu’on ne peut nommer.

 

                                                               Serge Labégorre – 2009