David Daoud

Exposition du 24 mars au 22 avril 2018.

« Daoud œuvre dans les soubassements du mental. Il œuvre au-dedans du dedans. À vif. Et l’or des souterrains, masqué et broyé, illumine ses hauts fonds. Ses peintures, enfiévrées et nocturnes, creusent leur dur sillon, où les plus humbles, les anonymes et les lointains, ont droit de cité, fussent-ils égarés et fantomatiques, noyés dans la nostalgie d’une lumière qui fut.

[…] Implacable, résistant, David Daoud brûle en ses replis les pauvres apparences. Des frémissements d’âme secouent sans fin l’étendue, héroïque et pudique théâtralité bloquée, dans la proximité âpre d’un Goya inoublié. La source cachée d’un drame latent, plus que l’apparente unité des couleurs, assure l’harmonie piégée d’une œuvre toujours aux limites de l’effacement. Car se déploie sans cesse la sourde tension d’une vie affective profondément enfouie et subtilement traduite – énigme sublimée et respectée – sur le plan chromatique. Chez David Daoud, l’émotion comme une exécution, est capitale. Des crispations de matière, dans la touche si apparente de la peinture, signent la présence allusive et retenue des meurtrissures vitales. Traces épargnes et multipliées dans les plus obscurs d’un lieu intérieur profondément creusé. Le crépuscule et l’aube s’étreignent. La lumière peut croître. « Je compose un huis clos silencieux. On cherche la porte entrouverte de la clarté ».

Extraits
Christian Noorbergen
Artension N°146 (p.49-50) Novembre-décembre 2017

D’autres œuvres de David Daoud sont à découvrir jusqu’au 22 avril à Honfleur :
Galerie de la Brocanterie, 11 Cours des Fossés
et Agora Galerie, 24 rue Montpensier.