Christophe Miralles

Exposition personnelle du 23 juin au 22 juillet 2018

Les personnages de Christophe Miralles, aux postures d’une noblesse frisant l’intimidation, conscients d’une humanité en sursis, prennent part au carrousel immobile de la chair qui fond avant de se régénérer. Des jurys de pairs, eux-mêmes éprouvés par la vie et par conséquent tout à fait inaptes à juger, capables simplement de témoigner, d’assister. Des stations entre contemplation et communion, une concertation silencieuse, complice et dénuée de sanction, des visages remués partageant solennellement l’indicible de l’expérience humaine, face à la rupture, à la nécessité de vivre.
De ces tréfonds de l’âme, que reste-t-il en somme lorsque, dans la vie, dans l’image, les corps se complètent, les visages s’animent, lorsque le conscient impose les masques ? Devant les œuvres, nous retournons à notre richesse nue, totale, une visite de la base arrière de nos sentiments. Nous sommes invités à participer à la recherche d’une vérité simple mais fondamentale, qui accueille la force de la lumière, de la couleur, sans faire l’économie de la douleur.

Ali Kettani
Curator
Casablanca, 2014

Des figures simples, intemporelles et universelles, emblématiques de la présence humaine, peuplent les toiles de Christophe Miralles. Matières nuancées, couleurs subtiles, à l’intérieur et aux alentours des figures, seule la peinture est mise en scène.

[…] Faisant cavalier seul ou présentées en duo, en trio ou encore en groupes, ces figures qui se ressemblent toutes au premier coup d’œil investissent le cœur de l’espace. Tels des portraits classiques, elles sont hiératiques. Elles se ressemblent et se frôlent, complices, solidaires, mais sobres. Nul geste, nulle parole, nul échange. Ces êtes semblent tellement se connaître qu’il ne leur parait (plus) nécessaire de communiquer. Ils sont ensemble, envers et contre tout. Intouchables, persistants.

[…] Têtes toutes en tache, bustes tout en traces : les présences anonymes sont caractéristiques : « tu es couvert de taches d’hommes » : la phrase d’un poème d’André Breton, découvert par l’artiste il y a quelques années, lui correspond admirablement. C’est « une définition directe de mon travail » dit-il, « un peu abstrait, issu de couches de matière successives… Comme notre identité. »

Françoise Monnin
Glossaire (Extraits)
Les propos de l’artiste ont été recueillis à Verdun
dans le cadre de l’exposition « Apparition » en novembre 2007